La Grâce Dieu des Prieurs: quand l’art fait renaître un Grand Cru de Saint-Emilion

02. avril 2019 Articles 0

Bonjour à Tous,

le long hiver québécois m’a obligé à m’échapper, alors j’ai profité pour voyager un peu et fuir le froid.

Direction mon pays d’origine, pendant trois semaines, dont une semaine, dans la région bordelaise où habitent mon frère et sa famille.
Bien entendu, j’en ai profité pour aller faire quelques visites dans des vignobles que j’affectionne particulièrement.

Aujourd’hui, j’aimerais vous faire découvrir une petite propriété en pleine renaissance: Art Russe, La Grâce Dieu Des Prieurs, Grand Cru de Saint-Émilion.

Quand l’Art Russe rencontre le vin

Situé à mi-parcours des clochers de Saint-Emilion et Pomerol, je me gare devant l’entrée de la propriété.

Invité par Monsieur Prosperi, le directeur du domaine, je me dirige donc vers les installations, accompagné d’un ami sommelier, de ma conjointe, de mon frère et mes petits neveux.

A première vue, je note que tout semble neuf ou restauré selon les bâtiments.

Accueilli par une sympathique dame travaillant pour le château, je me présente. Elle m’explique que nous allons être reçu par Monsieur Pedro Ruiz, le responsable technique, en l’absence de Monsieur Prosperi.

En attendant Pedro Ruiz, chacun de nous se ballade dans l’enceinte et nous observons le travail des viticulteurs dans les parcelles en cette magnifique journée de fin Février.

Au bout de quelques minutes, sortant du milieu des vignes, Pedro Ruiz arrive pour nous faire visiter les installations.

Les Installations

Juste derrière la bâtisse principale se trouve le chai et le cuvier, mêlant art et technologie.

En effet, de gros investissements et travaux ont été réalisés depuis l’acquisition du Château en 2014 par Monsieur Filatov. Milliardaire philanthrope et mécène, c’est un collectionneur et un passionné d’art.

Toutefois, pour bâtir ce projet, il a fait appel au célèbre architecte Jean Nouvel. Accompagné d’experts et de l’équipe du Château, l’architecte a fait naître un nouveau chai et un cuvier, d’un style « art design ». Cependant il a su garder et mettre en valeur le patrimoine de Saint-Emilion, la vigne et ses acteurs.

Au final, les travaux ont duré environ quatre années, je peux vous dire que le résultat est spectaculaire sur tous les aspects.

De plus, tout est bien pensé et connecté, passant d’un bâtiment à l’autre tout en suivant le processus d’élaboration du vin.

Nous rentrons dans le cuvier. C’est un « wow » unanime lorsque l’on découvre l’endroit. Les cuves en inox sont éblouissantes. Le sol est une oeuvre d’art et le jeu de lumière projette l’oeuvre sur les cuves. Nous avons l’impression d’être dans un musée d’art moderne. Petite note technique: tout le processus de vinification se fait par gravité.

Ensuite, Pedro nous conduit au chai pour nous détailler le procédé d’élevage pour le seul vin du Château.

A noter que l’élevage se fait en barriques neuves (fût de chêne français).

En nous arrêtant devant des celliers, il nous explique le design des bouteilles atypiques, le concept lié à l’art, les technologies, etc.

Par la suite, nous partons du cellier pour remonter quelques marches et nous retrouver sur une terrasse de dégustation avec une vue panoramique sur les vignes et le Domaine.

Nous redescendons vers l’enceinte principale, pour nous diriger vers une annexe toute vitrée. Dans ce lieu accoté aux vignes se trouve la salle d’embouteillage et d’étiquetage ainsi qu’une pièce dédiée à la dégustation.

Nous arrivons donc à l’étape ultime. Il est temps de goûter les trois millésimes conçus par la nouvelle équipe de la Grâce Dieu des Prieurs depuis son acquisition en 2014.

Le Vignoble

Faisant parti du patrimoine de l’UNESCO, le vignoble fait neuf hectares dont huit sont consacrés pour la production du seul vin de La Grâce Dieu des Prieurs.

90% des 60.000 pieds sont du merlot et 10% du cabernet franc pour une production de 35.000 bouteilles.

Toutefois, Pedro nous explique qu’ils viennent de replanter un hectare au complet en chardonnay, plutôt surprenant pour la région!

Depuis l’arrivée du nouveau propriétaire, la façon de faire a été transformée.

Laurent Prosperi s’est entouré d’une équipe de choc afin de produire un Grand-Cru de renom.

En effet le domaine profite des conseils experts de Louis Mitjavile, reconnu pour l’élaboration de plusieurs Grands Crus du bordelais et du savoir-faire de Pedro Ruiz.

Aussi Pedro nous explique sa façon de travailler les vignes et de sa maîtrise des techniques biologiques.

Même si le domaine n’est pas certifié bio, la culture est raisonnée (respect des cycles de la nature et du climat).

Aujourd’hui, le travail réalisé avec son équipe est notable. On retrouve de la vie dans les vignes grâce aux procédés utilisés. Pas de désherbant, moins de rendement sur pieds, pour donner un maximum d’attention aux grappes de raisins, etc.

Le Vin

Comme je vous l’expliquais, l’élaboration du vin se fait en collaboration avec Louis Mitjavile.

Son style est basé sur le fruit vendangé légèrement en sur-maturité. Il privilégie des extractions modérées et de longs élevages (18 mois ou plus selon le millésime) en barriques neuves.

Les Millésimes dégustés :

2014: leur premier millésime suite à la reprise des lieux. Ce vin est prêt à boire. Je note des fruits noires mûrs, un côté boisé, toasté, vanillé (typique de l’élevage en fût neuf) et terreux.

2015: superbe! Les fruits noires dominent avec une pointe de fruits rouges. A la fois puissant et vibrant, il bénéficie d’une belle acidité, de beaux tannins et une excellente longueur. Sa complexité se développe avec un coté toasté et terreux qui est beaucoup plus souple. A boire ou à garder plusieurs années.

2016: magnifique potentiel. On retrouve le travail axé sur la qualité du fruit et la générosité. Les tannins sont bien présents et soyeux. Toujours une belle acidité et une bonne longueur en bouche qui finit sur une touche minérale. Les arômes toastés et du terroir ressortent de façon modérés et installent une certaine complexité. On ressent un beau potentiel de développement.

Une bouteille atypique et artistique

J’ai été interpellé par le format et le design de la bouteille.

Assurément plus large et plus courte, son étiquette représente une peinture originale d’un artiste russe.

Je comprends mieux pourquoi l’art est aussi présent dans les installations, c’est un lien entre le vin et l’art.

En conclusion, ce Grand Cru de Saint-Emilion saura ravir une clientèle amoureuse d’art et de grand vin (prix: environ 180 euros sur la marché français), mais aussi attirer la curiosité.

D’ailleurs, l’objectif d’Art Russe semble être double : redonner ses lettres de noblesses à ce Grand Cru de Saint-Emilion tout en faisant connaître les différents artistes russes qui ont pu être oubliés.

Si vous voulez en savoir plus: https://www.lagracedieudesprieurs.com

Un grand merci à Pedro Ruiz pour sa gentillesse, sa passion et son temps ainsi qu’à Laurent Prosperi pour nous avoir ouvert les portes d’Art Russe, La Grâce Dieu Des Prieurs.

Bonne lecture à tous.

Florent.

PS: Crédit photo appartient à Les Vins Du Cellier.

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